Dr. BAUMGAERTNER Isabelle
Le cancer colorectal s'établit en tant qu'enjeu majeur de santé publique, revêtant une importance indéniable. D'une part, il se positionne en troisième place des cancers les plus fréquents en France et à l'échelle mondiale, avec une incidence notoirement élevée chez les hommes et les femmes. D'autre part, il bénéficie d'une particularité réjouissante : il peut être en grande partie prévenu et traité de manière efficace grâce à une politique de dépistage ciblant les adénomes avancés ainsi que les stades initiaux du cancer.
La France, au sein de l'Europe, se distingue par son taux d'incidence élevé pour les deux sexes. Bien qu'ayant connu une progression régulière depuis les années 80, l'incidence semble amorcer une décélération depuis 2005. Environ 17 000 décès annuels sont attribuables à ce cancer (estimations 2011), toutefois la mortalité a affiché une tendance à la régression constante au cours des 25 dernières années, particulièrement marquée chez les femmes. Le taux de survie à cinq ans a été évalué à 56 %, avec une relation directe entre le stade de diagnostic et le pronostic. Pour les individus présentant un cancer colorectal métastatique, concernant 25 % des patients au moment du diagnostic, le taux de survie à cinq ans s'élève à 11 %.
Dans cette dynamique, les médecins généralistes tiennent un rôle pivot dans le processus de dépistage. Leur implication revêt une importance vitale dans une stratégie de dépistage couronnée de succès : ils sont les acteurs clés de la distribution des kits de dépistage, ce qui implique informer et surtout persuader. À cet effet, une connaissance approfondie des modalités du dépistage, de ses enjeux et de son ampleur est incontournable. Ils doivent maîtriser les arguments susceptibles de motiver les patients à participer à ce processus.
Par ailleurs, la prise en charge du cancer colorectal a connu une transformation profonde au cours de la dernière décennie, avec des améliorations notables dans les traitements médicaux, les techniques chirurgicales ainsi que les interventions radiologiques. Cela s'accompagne d'une attention accrue portée aux soins de soutien, qui demeurent essentiels pour préserver la qualité de vie des patients. Une connaissance approfondie des traitements, de leurs spécificités ainsi que de leurs éventuels effets secondaires contribuera alors à une prise en charge plus complète du patient et à une meilleure collaboration entre le milieu ambulatoire et hospitalier.